Gros œuvre : lots structurels, DTU et prix de la maison clos couvert
Enchaîner terrassement, fondations, soubassement, murs porteurs, plancher, charpente et couverture sur un chantier de 4 à 8 mois ; choisir entre parpaing à 65-130 €/m², brique monomur à 80-180 €/m², béton banché ou ossature bois ; respecter les DTU 13.1, 20.1, 21, 23.1 et 31.2 ; engager la garantie décennale sur toute la structure : le gros œuvre représente 40 à 60 % du budget d'une maison neuve, soit 800 à 1 300 €/m² posé. Comparez plusieurs devis d'entreprises tous corps d'état ou par lot, sur le même cahier des charges.
En quoi consiste ce service
Le gros œuvre regroupe l'ensemble des ouvrages structurels portant la stabilité d'une maison et son enveloppe extérieure, dits « clos et couvert ». Il comprend huit lots successifs : terrassement, fondations, soubassement, élévation des murs porteurs, plancher, charpente, couverture et menuiseries extérieures. Il s'oppose au second œuvre (cloisons, isolation intérieure, plomberie, électricité, finitions) et représente 40 à 60 % du budget total d'une maison neuve, soit 800 à 1 300 € le m² posé.
Le projet relève d'un maçon pour les fondations et l'élévation, complété par un charpentier et un couvreur. Il s'inscrit dans la construction et la rénovation de maison, en lien avec la construction de maison globale. Voir la page sœur fondation pour le détail de ce lot.
Comment se déroule un chantier type
Le chantier débute par le terrassement et les VRD primaires. L'entreprise décape la terre végétale, creuse les fouilles aux dimensions du bâti, et réalise les tranchées pour l'eau, l'électricité, les eaux usées et pluviales jusqu'en limite de parcelle. Une étude sol G2 AVP/PRO (800 à 3 500 €) est obligatoire en zones d'aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles depuis la loi ELAN 2018.
Viennent les fondations. Le maçon coule les semelles filantes ferraillées au fond des fouilles, conformes au DTU 13.1. Sur sol médiocre, des fondations profondes (pieux, micropieux) peuvent être imposées par l'étude sol. Le soubassement ou vide sanitaire est ensuite monté en parpaing ou béton banché, avec ventilation basse et haute pour éviter les remontées d'humidité dans les murs porteurs.
L'étape majeure est l'élévation des murs porteurs. Quatre matériaux dominent : parpaing 20 cm (le standard, 65-130 €/m²), brique monomur 30-37 cm (isolation répartie, 80-180 €/m²), béton banché coffré coulé (100-200 €/m², soutènement et sous-sol), ossature bois plate-forme (120-250 €/m², montage rapide). Les chaînages horizontaux et verticaux et les linteaux sont obligatoires selon le DTU 20.1. Le plancher haut est posé en poutrelles-hourdis (60-130 €/m²) ou en dalle béton ferraillée (80-150 €/m²).
Le chantier se termine par la charpente et la couverture : fermettes industrielles à 40-80 €/m² ou charpente traditionnelle à 100-200 €/m², puis tuiles à 60-130 €/m², ardoise à 90-200 €/m² ou bac acier selon contraintes du PLU. Les menuiseries extérieures (voir page dédiée) ferment l'enveloppe. Comptez 4 à 8 mois de chantier pour une maison de 100-130 m². La garantie décennale court à compter de la réception.
Estimez le coût de votre projet
Fourchettes nationales indicatives 2026. Le prix réel dépend de la zone géographique, de la complexité du projet et des matériaux choisis.
Prestation simple, matériaux d'entrée de gamme, accès facile.
Cas le plus courant, matériaux standard, pose soignée.
Matériaux haut de gamme, contraintes techniques, options.
Prix indicatifs 2026
En 2026, le gros œuvre clos et couvert d'une maison se chiffre entre 800 et 1 300 € le m² posé selon les matériaux et la complexité. Pour une maison de 100 m², comptez 80 000 à 130 000 € hors second œuvre ; pour 130 m², 100 000 à 170 000 €. Postes principaux : terrassement et VRD primaires 5 000-15 000 €, fondations 8 000-25 000 €, soubassement vide sanitaire 6 000-15 000 €, élévation murs porteurs en parpaing 100 m² 12 000-25 000 €, plancher haut + charpente + couverture 25 000-55 000 €, menuiseries extérieures 8 000-20 000 €. Étude sol G2 obligatoire 800-3 500 €. TVA 20 % en construction neuve, aucune aide nationale sur le gros œuvre seul.
Prix détaillés par configuration
Fourchettes nationales constatées, hors cas particuliers (bâti classé, contraintes d'accès, matériel haut de gamme).
Le standard français, isolation rapportée intérieure
Isolation répartie, sans complément intérieur
Soutènement, sous-sol, façades porteuses lourdes
Montage rapide, isolation entre montants
Plancher bas sur terre-plein ou vide sanitaire
Plancher d'étage économique, le plus courant
Performance thermique RE 2020
Étage en construction bois, finition plafond apparent
La plus courante, comble perdu non aménageable
Chevrons, pannes, faîtage, comble aménageable
Pente 30-45°, le standard français
Économique, durée 30-50 ans
Esthétique haut de gamme, durée 80-100 ans
Économique, garage, annexe, pose rapide
Haut de gamme moderne, faible pente accepté
Décapage, fouilles, raccordements en limite
Voir page sœur fondation pour détail
Obligatoire en zone argileuse depuis 2018
Hauteur sous plancher bas, ventilation requise
Façade et refends, chaînages et linteaux inclus
Le clos couvert d'une maison standard
Voir /fenetre-porte/fenetre-porte-fenetre
Clos couvert, hors second œuvre
Soit 800-1 300 €/m² posé, finition exclue
Hors fournitures et déplacements
Pose charpente et lambourdage compris
Pose tuiles, ardoise, écran sous-toiture
Quand faire appel à un professionnel
Trois situations imposent un chantier de gros œuvre. La première est la construction d'une maison neuve, qu'elle soit conduite en marché de travaux classique avec maître d'œuvre, en CCMI auprès d'un constructeur, ou en VEFA auprès d'un promoteur. Tous les lots structurels y sont enchaînés selon un planning strict de 4 à 8 mois.
La deuxième est l'extension de maison avec création de surface habitable nouvelle : agrandissement latéral, surélévation d'un étage ou aménagement de combles porteurs. Le projet relève alors d'un maçon et d'un charpentier, avec étude de structure préalable obligatoire pour vérifier la portance de l'existant.
La troisième est la rénovation lourde structurelle : reprise de fondations sur maison ancienne, ouverture de mur porteur, réfection complète de toiture, remplacement de plancher en bois pourri. Pour des interventions ponctuelles non structurelles, voir plutôt petits travaux de maçonnerie.
Comment choisir le bon professionnel
Les vérifications concrètes à faire avant de signer le devis.
Vérifiez SIRET, décennale et dommages-ouvrage avant signature
Le gros œuvre engage la garantie décennale sur les fondations, les murs porteurs, les planchers, la charpente et l'étanchéité de la toiture. Tapez le SIRET de l'entreprise sur pappers.fr ou sur le site de l'Insee, exigez l'attestation de décennale en cours de validité avec mention gros œuvre et construction neuve, et souscrivez vous-même une assurance dommages-ouvrage avant ouverture du chantier : elle préfinance les sinistres décennaux et reste obligatoire pour le maître d'ouvrage. Sans ces trois documents, refusez de signer le devis. Demandez aussi deux ou trois références de chantiers similaires dans le secteur, à visiter si possible.
Choisissez entre entreprise TCE et lots séparés selon votre disponibilité
L'entreprise tous corps d'état signe un devis global et pilote tous les sous-traitants, avec une marge de 10 à 15 % et un seul interlocuteur. Les lots séparés (maçon, charpentier, couvreur, menuisier) coûtent 8 à 15 % moins cher mais imposent un pilotage rigoureux : planning, livraisons, réceptions intermédiaires, gestion des aléas météo. Sans expérience chantier ni maître d'œuvre missionné, le risque de glissement et de surcoûts annule l'économie. Évaluez votre temps disponible avant de trancher. Pour une famille active sans culture technique, le TCE reste le bon choix.
Anticipez l'étude sol G2 obligatoire en zone argileuse
Depuis la loi ELAN 2018, l'étude sol géotechnique G2 AVP/PRO est obligatoire en zones d'aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles, qui couvrent près de la moitié du territoire français. Elle coûte 800 à 3 500 € selon la complexité, dimensionne précisément les fondations et conditionne la garantie décennale. Vérifiez votre commune sur le portail georisques.gouv.fr avant de signer. Une fissuration de fondations sur sol argileux non étudié se reprend entre 30 000 et 80 000 €, soit largement le prix de l'étude initiale.
Comparez les matériaux de murs porteurs sur durée et performance
Le parpaing 20 cm reste le standard français à 65-130 €/m², avec isolation rapportée intérieure obligatoire pour la RE 2020. La brique monomur 30-37 cm coûte 80-180 €/m² mais intègre l'isolation dans la masse, sans complément intérieur. Le béton banché coffré et coulé (100-200 €/m²) sert pour soutènement et sous-sol. L'ossature bois plate-forme (120-250 €/m²) monte vite, intègre l'isolation entre montants et offre une excellente performance thermique. Pesez la durée d'amortissement, le confort thermique d'été et la disponibilité des artisans dans votre secteur.
Vérifiez le respect des DTU sur chaque lot du gros œuvre
Plusieurs DTU encadrent le gros œuvre : 13.1 fondations superficielles, 13.2 fondations profondes, 20.1 parois et murs en maçonnerie, 21 béton armé, 23.1 murs en béton banché, 31.2 ossature bois, 36.5 menuiseries, 40.x couvertures. Leur respect conditionne la garantie décennale en cas de litige. Demandez à l'entreprise de mentionner explicitement les DTU applicables sur le devis, lot par lot. Un professionnel sérieux le fait spontanément. À défaut, vous restez sans recours technique en cas de désordre, et l'assureur peut s'appuyer sur le manquement pour refuser l'indemnisation.
Limitez l'acompte et échelonnez le paiement par phase
Limitez l'acompte initial à 5 % du marché en CCMI ou 30 % maximum hors CCMI. Exigez ensuite un échelonnement par phase claire : 25 % à l'achèvement des fondations, 25 % à la mise hors d'eau (toiture posée), 25 % à la mise hors d'air (menuiseries posées), solde à la réception après levée des réserves. Le procès-verbal de réception contradictoire constitue le point de départ des garanties parfait achèvement, biennale et décennale. Ne payez jamais le solde avant l'établissement de ce PV signé des deux parties.
Comparez trois devis sur cahier des charges identique par lot
Les écarts atteignent 20 à 40 % entre entreprises pour un gros œuvre équivalent, surtout sur les fondations, la couverture et les menuiseries. Communiquez aux trois professionnels le même cahier des charges : surface en m², matériau de murs porteurs, type de plancher, charpente, couverture, menuiseries extérieures, étude sol incluse, DTU applicables, planning prévisionnel. Sans cadre commun, un devis à 90 000 € ne couvre pas la même prestation qu'un à 140 000 €. Joignez les plans visés par l'architecte ou le maître d'œuvre pour fiabiliser la comparaison.
⚠️ Signaux d'alerte
- Refus de fournir l'attestation décennale
- Devis sans SIRET ni en-tête professionnel
- Acompte demandé en espèces ou supérieur à 30 %
- Pression pour signer « aujourd'hui uniquement »
- Tarif anormalement bas (− 30 % vs concurrents)
Les conseils de Léon avant de signer
Trois conseils de notre mascotte éditoriale, spécifiques à ce service.
Léon, notre mascotte, partage ses conseils et infos pratiques pour vous aider à mener à bien vos projets. Qui est Léon ?
Distinguez gros œuvre, second œuvre et budget global
Le gros œuvre couvre la structure et l'enveloppe : terrassement, fondations, soubassement, murs porteurs, plancher, charpente, couverture, menuiseries extérieures. Le second œuvre rend la maison habitable : cloisons, isolation intérieure, plomberie, électricité, peinture, sols, sanitaires, cuisine. Chacun pèse 40 à 60 % du budget total, à parts proches. Sur une maison de 130 m² à 250 000 € clé en main, comptez 100 000-170 000 € de gros œuvre et 80 000-130 000 € de second œuvre. Beaucoup de particuliers signent un devis gros œuvre sans avoir budgété le second, et se retrouvent à découvert au milieu du chantier. Demandez un budget global maison écrit, lots détaillés, avant de signer le permis.
Étude sol G2 obligatoire en zone argileuse depuis 2018
La loi ELAN impose une étude sol géotechnique G2 AVP/PRO en zones d'aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles, qui couvrent près de la moitié du territoire français. L'étude coûte 800 à 3 500 € selon la complexité du terrain, dimensionne précisément les fondations et conditionne la garantie décennale. Sans elle, en cas de fissuration sur sol argileux, l'assureur peut refuser la prise en charge. Vérifiez votre commune sur le portail georisques.gouv.fr avant de signer le devis. C'est un poste qu'on coupe trop souvent par souci d'économie, alors qu'une fissuration de fondations se reprend entre 30 000 et 80 000 € : largement le prix de l'étude initiale.
Choisissez TCE ou lots séparés selon votre temps disponible
L'entreprise tous corps d'état (TCE) signe un seul devis global, pilote tous les sous-traitants et applique une marge de 10 à 15 %. C'est la solution simple, sans temps de coordination à dégager côté particulier. Les lots séparés (un maçon, un charpentier, un couvreur) coûtent 8 à 15 % moins cher mais imposent un pilotage rigoureux : planning, livraisons, réceptions intermédiaires, gestion des aléas. Sans expérience chantier ni maître d'œuvre, le risque de glissement de planning et de surcoûts annule l'économie. Le bon choix dépend de votre disponibilité réelle et de votre culture technique. Aucune aide nationale ne s'applique au gros œuvre seul, TVA 20 % en construction neuve : ne comptez pas dessus pour réduire le coût.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre gros œuvre et second œuvre ?
Le gros œuvre couvre la structure et l'enveloppe d'une maison : terrassement, fondations, soubassement, murs porteurs, plancher, charpente, couverture, menuiseries extérieures. C'est le clos et couvert. Le second œuvre rend la maison habitable sans être structurel : cloisons, isolation intérieure, plomberie, électricité, peinture, sols, sanitaires, cuisine. Chacun pèse 40 à 60 % du budget total d'une construction neuve, à parts proches. Le gros œuvre se chiffre entre 800 et 1 300 € le m² posé en 2026.
Combien de temps dure le chantier de gros œuvre d'une maison ?
Pour une maison neuve de 100 à 130 m², comptez 4 à 8 mois de chantier gros œuvre selon les matériaux, la météo et la complexité du projet. Le terrassement et les fondations occupent 3 à 6 semaines, l'élévation des murs porteurs 6 à 12 semaines, le plancher haut 1 à 2 semaines, la charpente et la couverture 2 à 4 semaines, les menuiseries 1 à 2 semaines. Une ossature bois préfabriquée raccourcit l'élévation à 1-2 semaines.
Existe-t-il des aides pour financer le gros œuvre d'une maison ?
Aucune aide nationale ne s'applique au gros œuvre seul d'une construction neuve : pas de MaPrimeRénov', pas d'éco-PTZ classique, pas de Certificat d'Économie d'Énergie. Ces aides ciblent la rénovation énergétique de logements existants. Le PTZ peut financer une partie de l'achat sous conditions de ressources. La TVA reste à 20 % standard sur la construction neuve. Le seul levier d'économie reste la mise en concurrence sérieuse de trois devis sur cahier des charges identique, avec des écarts de 20 à 40 %.
Quels DTU s'appliquent au gros œuvre et pourquoi les vérifier ?
Plusieurs DTU encadrent le gros œuvre : 13.1 fondations superficielles, 13.2 fondations profondes, 20.1 parois maçonnerie, 21 béton armé, 23.1 murs béton banché, 31.2 ossature bois, 36.5 menuiseries, 40.x couvertures. Leur respect conditionne la garantie décennale en cas de litige. Exigez leur mention explicite sur le devis, lot par lot. Sans cela, vous restez sans recours technique en cas de désordre et l'assureur peut refuser l'indemnisation au titre du manquement.
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